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Accessibilité financière

Où qu’ils vivent, les Canadiennes et les Canadiens doivent pouvoir bénéficier d’un transport aérien fiable et abordable — ainsi que des opportunités qui en découlent.

Comment se répartit le prix de votre billet d’avion ? 

Le transport aérien fait intervenir de nombreux prestataires pour servir un seul client. Selon Intervistas, l’un des plus grands cabinets d’analyse indépendants, voici la répartition de votre billet d’avion et à quoi servent ces sommes pour les différents acteurs du secteur :

  • La compagnie aérienne que vous avez choisie. Au Canada, la majeure partie du coût de votre billet est directement liée aux coûts et aux tarifs de la compagnie aérienne, soit environ 70 du prix moyen d’un billet. Cette part varie selon qu’il s’agit de vols intérieurs ou internationaux. Les compagnies aériennes sont des entreprises à but lucratif ; elles choisissent les routes et les destinations qu’elles desservent, les appareils qu’elles utilisent et les horaires de vol. Les modèles économiques des billets d’avion ont évolué : au-delà du prix de base standard traditionnel, elles facturent désormais des frais liés aux sièges, aux bagages et à d’autres services, ainsi que des frais supplémentaires, tout en misant sur des programmes de fidélité solides et des partenariats avec des émetteurs de cartes de crédit. 
  • Les aéroports que vous utilisez. Les coûts aéroportuaires canadiens représentent environ 12 % du prix moyen d’un billet d’avion. Les droits d’atterrissage et les redevances aéroportuaires (également appelées redevances aéronautiques) sont payés directement par la compagnie aérienne, par vol, et représentent généralement environ 5 % du prix d’un billet. De plus, les frais d’amélioration aéroportuaire (FAA) financent directement les investissements dans les infrastructures aéroportuaires. Le montant des FAA varie d’un aéroport à l’autre en fonction des besoins locaux, mais une partie de ces frais sert également à payer le loyer versé au gouvernement fédéral et est majorée de la taxe sur les ventes. Au total, les coûts aéroportuaires représentent environ 12 % du prix moyen d’un billet d’avion. Les décisions relatives à la fixation des frais d’amélioration aéroportuaire (FAA) sont transparentes et font l’objet d’une consultation et d’une approbation par les parties prenantes des lignes aériennes de chaque aéroport. Les aéroports utilisent également les revenus provenant des commerces et services situés sur place pour financer leur budget, l’ensemble des revenus provenant de ces deux sources étant réinvesti dans l’aéroport. 
  • Contrôles de sécurité. L’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) est une société d’État fédérale qui assure le contrôle de sécurité des passagers et du fret avant le vol, et qui achète et déploie les technologies de contrôle utilisées dans les aéroports à travers le Canada. Les passagers paient la redevance de sécurité des voyageurs aériens incluse dans leur billet ; les revenus sont versés directement au gouvernement fédéral pour financer l’ACSTA par le biais de décisions budgétaires annuelles – sans que la totalité des sommes perçues ne soit toujours réinvestie. 
  • Contrôle du trafic aérien. NAV CANADA est une société sans capital-actions unique en son genre, habilitée par le gouvernement à fournir des services de navigation aérienne (ATNS). Elle recouvre 100 % de ses coûts grâce aux redevances versées par les compagnies aériennes, calculées en fonction de leur utilisation de l’espace aérien canadien. Ces redevances n’apparaissent pas sur votre billet, mais elles représentent toujours une partie de son coût. 

Comme il s’agit d’un système entièrement fondé sur le principe de l’utilisateur-payeur au Canada, ces redevances et ces coûts supportés par les voyageurs peuvent être plus élevés qu’aux États-Unis, par exemple, car nos contribuables ne subventionnent pas directement les infrastructures et les services aéroportuaires et aéronautiques, contrairement à ce qui se fait aux États-Unis et dans de nombreux autres pays. Les aéroports canadiens versent en effet chaque année des centaines de millions de dollars aux gouvernements fédéral et locaux, qui les intègrent à leurs revenus généraux. 

L’ensemble des redevances perçues par l’aéroport auprès des lignes aériennes et des passagers, y compris les frais d’amélioration aéroportuaire, représente environ 12 % du prix moyen d’un billet d’avion..

Comment l’autorité aéroportuaire utilise sa part 

Les autorités aéroportuaires canadiennes sont des sociétés privées sans capital social (à but non lucratif). Elles ne comptent aucun actionnaire – aucun dividende ni bénéfice n’est distribué – et elles rendent des comptes à des conseils d’administration composés de membres nommés par les gouvernements locaux, provinciaux et fédéral.

Les aéroports sont gérés comme des entreprises, sans aucun financement public. Chaque dollar disponible est réinvesti dans l’exploitation de l’aéroport et les travaux nécessaires à son développement. 

Plus de 30 milliards de dollars ont ainsi été consacrés à l’amélioration, à la modernisation et au développement des aéroports canadiens — financés par les usagers et grâce à un recours à la dette à long terme à faible coût et aux obligations, dont la solide cote de crédit permet d’obtenir certains taux parmi les plus bas du marché.  

Le véritable coût du loyer foncier

Les aéroports exploitant des terrains loués au gouvernement fédéral versent un loyer à ce dernier depuis les années 1990. Pour la seule année 2025, ces versements ont représenté un total de 556 millions de dollars au budget fédéral.   

Contrairement à d’autres taxes, le loyer aéroportuaire fédéral est prélevé sur l’ensemble des revenus d’un aéroport – y compris les revenus non aéronautiques destinés à compenser les redevances aéroportuaires et à rendre les voyages plus abordables. Jusqu’à 12 cents sur chaque dollar qu’un aéroport gagne grâce à des activités commerciales telles que le commerce de détail, le stationnement et la location de terrains sont d’abord versés au Trésor fédéral. 

Qu’est-ce qui influence le prix des billets ? La concurrence 

Le principal levier dont disposent les aéroports pour faire baisser les prix des billets d’avion n’est en réalité pas leurs redevances, mais la concurrence qu’ils favorisent. Il a été démontré que la concurrence directe sur une route particulière fait baisser les prix. 

Le secteur aérien canadien est déjà concurrentiel, avec un niveau de concurrence plus élevé qu’il ne l’a été depuis une décennie. Mais davantage de concurrence serait encore mieux. 

Comment la capacité aéroportuaire stimule la concurrence 

Les autorités aéroportuaires ne peuvent ni faire voler des avions ni fixer les prix des billets. Ce qu’elles peuvent faire, c’est mettre en place des installations et des capacités qui répondent à la demande locale et internationale et favorisent une concurrence accrue entre les lignes aériennes : davantage de portes d’embarquement (et davantage de portes adaptées), davantage d’espace dans les terminaux pour accueillir les passagers et les services, ainsi que les infrastructures adéquates permettant de faire décoller rapidement les avions afin qu’ils puissent économiser du temps et de l’argent à tout le monde. Cela est particulièrement important dans les hubs très fréquentés et soumis à des contraintes de créneaux horaires, comme Toronto Pearson, qui atteignent leurs limites de capacité. Un aéroport très fréquenté est le signe d’un aéroport attrayant, mais aussi d’un aéroport qui doit accroître sa capacité et son envergure pour répondre à cette croissance. 

Les voyageurs réclament davantage de vols directs ainsi qu’un choix plus large de destinations et de services. Les aéroports canadiens se développent pour favoriser un marché aérien diversifié et concurrentiel, où la croissance relie les passagers, facilite les échanges commerciaux et favorise les entreprises locales. 

Les améliorations réalisées dans les aéroports permettent de réduire les coûts du système 

Les terminaux modernisés permettent aux lignes aériennes d’accélérer les rotations des avions et de servir davantage de voyageurs pour chaque dollar dépensé en frais d’exploitation. C’est pour cette raison que le meilleur indicateur pour comparer les coûts aéroportuaires est le coût par embarquement, ou CPE : c’est le coût total du passage d’un passager dans un aéroport qui détermine si le système est efficace tant pour les lignes aériennes que pour les voyageurs. Selon cet indicateur global, les aéroports canadiens sont très compétitifs.

Depuis des années, les aéroports innovent pour réduire les coûts du réseau et améliorer l’expérience des passagers, le plus souvent de manière invisible pour les voyageurs. Des systèmes flexibles pour l’enregistrement et les portes d’embarquement permettent aux agents des lignes aériennes de réduire le temps de traitement et d’éviter les encombrements lors de l’embarquement, tandis que les systèmes de climatisation et d’alimentation électrique installés au niveau des portes d’embarquement permettent à l’avion de couper ses moteurs lorsqu’il est stationné, ce qui réduit les coûts de carburant et les émissions. De nombreux aéroports déploient désormais des équipements automatisés et une gamme de capteurs modernes répartis dans l’ensemble de l’aéroport, qui surveillent et signalent en temps réel les problèmes liés aux équipements ou au personnel, et permettent des opérations au sol plus efficaces et plus rapides afin de réduire les coûts et les retards.

Ce qui est conçu aujourd’hui doit répondre aux besoins des voyageurs dans 20 ans. 

La demande dans les aéroports canadiens devrait doubler au cours des 20 prochaines années. Le transport aérien est en pleine croissance, et ce, de différentes manières. Les réformes politiques déjà à l’étude permettraient de faire avancer des projets aéroportuaires prêts à démarrer, tout en améliorant la compétitivité des lignes aériennes canadiennes et en contribuant à rendre le Canada plus attrayant pour les voyageurs et les passagers en correspondance. 

La conception des aéroports s’inscrit dans des cycles qui s’étendent sur plusieurs décennies ; les décisions prises aujourd’hui façonneront donc l’expérience de voyage pour très longtemps. 

La numérisation est le moyen le plus rapide d’améliorer l’efficacité et de réaliser des économies 

Pour répondre à la demande, il faut d’une part augmenter la capacité d’accueil, et d’autre part améliorer l’efficacité des installations — en modernisant l’infrastructure numérique et les procédés qui permettent aux voyageurs de circuler dans nos terminaux existants, afin qu’ils puissent accueillir davantage de monde. 

Le Canada accuse un retard par rapport à l’Europe, aux États-Unis et à d’autres pays en matière d’adoption des technologies d’identité numérique dans ses aéroports. Dans les pays qui ont adopté la biométrie, les formalités d’entrée et de sortie sont 70 % plus rapides et nécessitent 50 % d’espace en moins. 

Moins d’espace et moins de temps signifient moins de coûts d’investissement, ce qui a des conséquences directes sur la rentabilité du transport aérien — et sur ce que paient les voyageurs. 

Les aéroports canadiens ont essayé ces solutions et collaboré avec des lignes aériennes et des partenaires gouvernementaux pour s’y préparer. La technologie est prête. Les étapes restantes exigent que le gouvernement modernise sa politique et ses ressources informatiques afin de pouvoir mettre en œuvre dès maintenant ce système qui a fait ses preuves et qui est le meilleur de sa catégorie. 

Pour améliorer dès maintenant les conditions d’accessibilité financière et réduire les coûts, des propositions immédiatement applicables sont sur la table : 

  1. Revoir la formule fédérale de calcul des loyers, afin que les fonds actuellement versés au Trésor fédéral puissent être réaffectés à l’aéroport et contribuer à limiter les coûts pour les voyageurs. 
  2. Conditions d’éligibilité au partenariat fédéral visant à aider les aéroports de petite et moyenne taille dans la mise en œuvre de projets d’infrastructure et de croissance économique d’un montant de 19 milliards de dollars, afin de réduire les coûts pour les marchés régionaux et les voyageurs et de leur permettre d’accéder à des routes nationales et internationales fiables et abordables.
  3. Réinvestir la majeure partie des revenus du gouvernement provenant des passagers et du réseau aéroportuaire dans l’aéroport et le système aéronautique, où ils peuvent contribuer directement à réduire les coûts liés au développement et à l’exploitation de cette infrastructure nationale stratégique. 
  4. S’engager à mettre en œuvre progressivement, dans le cadre du budget 2026, un parcours biométrique des voyageurs et une modernisation du système frontalier, en fournissant les orientations et les ressources nécessaires à l’ASFC, à l’ACSTA, à IRCC et à Services partagés Canada pour qu’ils puissent y donner suite.